"Pour vivre heureux, vivons cachés", si l'adage paraît désuet et caricatural, il est encore de rigueur ici et là.
Ici, là, à Firenze, il est appliqué à la lettre. Ville touristique par excellence, où les quatre continents se rejoignent pour voir le même David, photographier le même Duomo, faire la visite de la Galerie des Offices et y mettre fin au même endroit, exténués et groggy après cet amoncellement d'œuvres d'art.
Ici, la mondialisation fait des ravages, jusqu'au dégout. Restaurant, bar, boutique souvenir... la peur du piège à touriste est tellement forte que vous en devenez paranoïaque. La volonté de trouver un endroit authentique, fréquenté par les florentins, est chaque jour de plus en plus grande. Mais, cette fois encore, c'est l'échec. Cuisant, frustrant, déprimant, avec ce sentiment grandissant que quelque soit le temps passé ici, la situation est irrémédiable.
| Ici, la Caverne d'Ali Baba ne nécessite pas de sésame mais une scie à métaux |
Un constat s'impose. De prime abord, rien de ce qui peut vous permettre de vous sentir accepté par la cité n'est accessible. Plusieurs raisons à cela.
De manière évidente, avec un centre historique parfaitement conservé, dense et étroit, les lieux culturels, associatifs, sportifs etc... sont rejetés en dehors de la ville. De l'autre côté du viale, sorte de mini-périphérique intramuros. Pas de voiture veut dire transports en commun, dont les services s'arrêtent au moment où ouvrent les nombreux lieux nocturnes de la banlieue florentine.
Dans une ville pleine de palais, la culture du secret ne paraît pas totalement insolite. Les bibliothèques, les jardins publics, les galeries d'art contemporain et même les facultés sont cachés derrières de gigantesque murs ocres salis par la pollution automobile et dont les grilles ne laisse apercevoir qu'une infime partie des richesses qu'ils protègent.
Plus surprenante est la propension de la ville à développer un nombre important de clubs et groupes privés.
Un réseau associatif d'obédience communiste possède pas moins d'une cinquantaine de lieux de rassemblement (bars, salles de spectacles, restaurants...). Pour y accéder, une seule obligation, avoir la carte de membre. Le Doom Club, haut lieu de la culture underground et électro, n'est accessible lui aussi qu'en possession d'une carte. La terrasse du seul café de la ville donnant de plein pied sur les berges de l'Arno... vous connaissez la suite.
Pour le reste, et à quelques rares exceptions, les bars apparaissent plus décevant les uns que les autres. Et pas la peine de parler des pubs "irlandais" diffusant les matchs de NFL pour la communauté américaine.
Pourtant des alternatives existent, mais elles résident dans une partie du problème. Les florentins. Loin d'être avenant, on est même au bord du replis culturel. Au delà des banalités d'usage les conversations avec des "étrangers" sont rares et plutôt brèves. On peut même apercevoir quelques tags "Touristi e Erasmus Fuori".
Mais force est de constater que les torts sont partagés. Les touristes se baladent par paquets de 20, les yeux rivés sur leur plan au beau milieu du carrefour et cherchent désespérément les ouphissi. Les erasmus picolent par paquets de 20 sur les marches des églises, les yeux rivés dans le fond de leur bouteille de Moretti. Avouez que cela peut irriter.
Alors? Et bien on s'accroche. On tente de nouer le contact à chaque occasion, on s'amuse des échecs et on sirote une bière, entre "expatriés" en manque d'insertion sociale, pour oublier et se donner la force de recommencer. Et ça commence à porter ses fruits.
La preuve. Pour le Doom Club, j'ai trouvé une marraine. C'est pas mal aussi. Mais ça vous étonne si je vous dit qu'elle est espagnole...?!
:)
RépondreSupprimertu as compris parfaitement Florence!
scrivi davvero molto, e davvero belle foto!
ti capisco, la vita dell'erasmus è dura soprattutto all'inizio. una continua lotta verso la ricerca dell'integrazione con le persone del luogo, e Firenze è una città particolare per questo, anche gli stessi italiani da altre città trovano difficile inserirsi..donc tu as de chanche!allons boir una birra! ;)
ci si vede à là fàc après!
Miriam
ps:spero non ti dispiaccia se ho curiosato tra le tue cose! :)