| Hogre et Jin - Firenze, Via Benivieni. |
jeudi 15 décembre 2011
mardi 15 novembre 2011
vendredi 21 octobre 2011
Los Indignados : No Pasaran !
En ce mois d'octobre 2011, l’Europe entière est submergée par la pensée pacifiste et lénifiante de ces «populistes de gauche» que sont les Indignés. Toute ? Non. Un petit groupe d'irréductibles citoyens résiste encore et toujours à l'envahisseur. Interview.
L'agence de presse Belga, relayée par une grande partie des journaux belges, les a présentés très sérieusement comme «un petit groupe de contre-manifestants, habillés de manière distinguée [...] présent au départ du cortège pour exprimer son opposition au mouvement des Indignés.»
Aux vues de leurs slogans on peut en douter. Mais après les avoir écoutés, si vous y croyez encore alors là on ne peut plus rien pour vous.
| Contre-Manifestants bien pensants. Cortège des Indignés 15 Octobre Bruxelles |
Un des leaders du collectif, qui souhaite rester anonyme, s'explique:
(attention, le lecteur audio étant en boucle, une écoute prolongée et répétée de cette interview peut altérer durablement vos fonctions auditives)
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Liège, Belgique
jeudi 20 octobre 2011
Les Indignés étaient à Bruxelles. La Police aussi.
Dans le cadre d'un dossier sur le mouvement des Indignés, à Bruxelles mais aussi à Rome, premier article sur le contexte policier de la rencontre belge.
Les Indignés étaient à Bruxelles. Ces groupes de marcheurs venus de toute l’Europe sont arrivés le samedi 8 octobre dans la capitale européenne pour y échanger pendant une semaine autour des thèmes de l’alternative sociale et politique, et pour réclamer ce qu’ils appellent une démocratie réelle. Le mouvement qui se revendique comme pacifiste a pourtant très vite rencontré ses premières difficultés avec les autorités locales.
Les Indignés étaient à Bruxelles. Ces groupes de marcheurs venus de toute l’Europe sont arrivés le samedi 8 octobre dans la capitale européenne pour y échanger pendant une semaine autour des thèmes de l’alternative sociale et politique, et pour réclamer ce qu’ils appellent une démocratie réelle. Le mouvement qui se revendique comme pacifiste a pourtant très vite rencontré ses premières difficultés avec les autorités locales.
Cela devait être un moment de fête pour le mouvement des Indignés. Ce samedi après-midi, le parc Elisabeth, situé sur la commune de Koekelberg, devait être le théâtre du début du rassemblement avec la jonction des différents cortèges de marcheurs. Mais aux effusions de joie et autres embrassades collectives ont assez vite succédé les premiers accrochages et un moment de forte tension avec les forces de l’ordre, ponctués de quelques heurts.
En effet l’autorisation de camper sur le site du parc, accordée de longue date par la municipalité, a brusquement été retirée vendredi dernier. Les représentants de la police proposant quant à eux la solution non négociable d’un hébergement dans les locaux inoccupés de la Hogeschool-Universiteit Brussel.
Face au mécontentement d’une partie des Indignés, déterminés à maintenir le campement en extérieur pour faciliter la mise en place d’un lieu d’échange avec la population, les forces de l’ordre ont alors effectué une évacuation musclée peu avant minuit.
Après une bousculade et l’usage de gaz lacrymogènes, 48 Indignés dont 27 espagnols ont été conduits au commissariat d’Etterbeek pour douze heures de rétention administrative. Plusieurs personnes dénoncent aujourd’hui les conditions d’arrestation et de détention, entre usage des chiens, mauvaises conditions d’hygiènes et pressions psychologiques.
A la suite de cet épisode, les Indignés ont poursuivi leurs ateliers et assemblées populaires dans le calme, au sein des locaux de l’Université et à l’extérieur comme devant le siège bruxellois de la banque BNP Paribas, mais seulement en journée. Et si l’atmosphère semblait apaisée, les participants faisaient toujours état de la présence constante de policiers en civil lors de la tenue des différents travaux.
Un nouvel épisode survenu le mercredi 12 octobre a considérablement accru les tensions pour le reste de la mobilisation. Une action des Indignés se déroule alors au siège de la Banque Dexia à Bruxelles et voit les participants être interpellés sur place par la Police. Assises sur le sol et menottée une jeune grecque va alors être frappée violemment au visage par un policier en civil.
Et si l’arrivée de plusieurs centaines d’autres marcheurs venus des Pays-Bas ou d’Allemagne se fera dans un climat plus calme, la grande manifestation mondiale, point d’orgue de cette semaine de mobilisation et dont un cortège doit arpenter les rues de la capitale belge le samedi 15 octobre, restait l'objet de toutes les attentions.
Une polémique est née au sein même du mouvement des Indignés au sujet de la commission dite de Legal Team. En charge du bon déroulement du rassemblement et de l'accès à des avocats en cas de problème, elle propose de refuser l'aide juridique aux personnes violentes lors de la manifestation, allant même jusqu'à vouloir identifier et dénoncer aux autorités les fauteurs de trouble... Proposition qui restera sans suite face au rejet des avocats et de l'Assemblée décisionnelle.
Avec un parcours symbolique autour du quartier des Institutions Européennes et aucune estimation viable du nombre de manifestants, des débordements étaient envisageables malgré les engagements résolument pacifistes du mouvement des Indignés.
Face à un dispositif policier conséquent, le cortège déambulera dans le calme. Bien aidé en cela par des brigades de clowns mises en place pour "détendre l'atmosphère de tout situation conflictuelle" et un trajet qui évitera soigneusement d'approcher au plus près le cordon de l'ESI (Escadron Spécial d'Intervention), équivalent belge de nos CRS, aux abords du quartier des Ambassades.
| ESI vs Brigade des Clowns / Quartier des Ambassades. Bruxelles. |
Si les affrontements et la répression ne sont pas au rendez-vous, l'atmosphère reste pour le moins étrange. La place Schumann, initialement mise à disposition par les autorités compétentes, pour accueillir la manifestation en fin de parcours et y permettre la tenue d'une Assemblée Populaire, est finalement inaccessible. Emplie de policiers et recouverte, c’est plus étonnant, d'une multitude de barbelés en croisillons tout droit sortie d'un mauvais film de guerre. Ajoutez à cela un véritable Check Point avec filtrage des manifestants pour pouvoir sortir du quartier. Accompagné en cela de propos outranciers et des sourires en coin de rigueur, le tableau est complet.
A ce décor quelque peu surréaliste s'ajoute une rumeur qui courre depuis le début de l'après midi et qui s'avérera être une véritable information. "Pendant que l'on manifeste, les flics évacuent l'Université des quelques personnes présentes sur place et de toutes nos affaires, tentes, pc etc."
En effet, sur arrêté du Bourgmestre, la Police à pris possession des lieux 24 heures avant la fin de l'autorisation d'occupation et met, là aussi, en place un barrage filtrant. Elle ne laisse rentrer les occupants qu'au compte goutte, et toujours accompagnés d'un pandore, pour récupérer leurs affaires personnelles sous bonne escorte. Appareils photo et caméras étant évidemment proscrits. Ambiance.
Toute la semaine a donc été émaillée d'incidents plus ou moins graves entre des Indignés dont le pacifisme revendiqué s'est appliqué dans les faits et des forces de l'ordre dont on peine à comprendre ce qui les motivera dans leurs agissements. Entre violences, non respect des accords passés avec les "organisateurs" et pressions en tous genres en marge d'une manifestation symbolique.
Force est de constater que cette dernière a malheureusement servi de vitrine médiatique aux autorités pour y exposer un comportement de façade des plus policé.
Force est de constater que cette dernière a malheureusement servi de vitrine médiatique aux autorités pour y exposer un comportement de façade des plus policé.
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Liège, Belgique
jeudi 18 août 2011
Pastore, Lamela. Joueurs créateurs pour palmarès disparus.
En France comme en Italie, au Paris Saint Germain comme à l’AS Roma, le futur footballistique de ces deux clubs semble devoir s'écrire inévitablement par le biais des prochaines performances sportives des deux milieux offensifs argentins.
Sans s’attarder sur les montants plus ou moins exorbitants de leurs transferts respectifs, plus révélateurs de l’état du « marché » que d’un réel niveau footballistique, Javier El Flaco Pastore, 22 ans, arrivé au PSG en provenance du club italien de Palerme et Erik Lamela, 19 ans, arrivé à la Roma en provenance du club argentin de River Plate, seront dès cette saison les joueurs qui serviront d’étalon de mesure à leurs nouvelles formations.
Dans les deux capitales, les scenarii ont été les mêmes. Face à des résultats sportifs et des palmarès en berne, les deux clubs ont changé d’actionnaire principal et de président, qatari pour le premier, américain pour le second, avec dans la foulée investissements financiers et ambitions en forte hausse.
Buenos Aires, le Tiki-Tiki et Angel Cappa.
A Rome la présence du capitaine emblématique Francesco Totti pourra servir de paratonnerre à la pression reposant sur les épaules du jeune meneur. A Paris en revanche les départs des tauliers Makélélé et Giuly laisseront au natif de Córdoba les clefs du jeu et les attentes qui en découlent.
| N° 16 Javier Pastore pour Huracan - N° 10 Erik Lamela pour River Plate |
Dans un passé récent, la création argentine sur un terrain, celle qui s’attache à organiser le jeu de l’équipe avant de penser à la conclusion des actions, était symbolisée par Fernando Redondo, Pablo Aimar, Juan Román Riquelme ou encore Juan Sebastián Verón. Le futur, c’est eux.
Pastore, créateur mais aussi finisseur, utilise la verticalité, se projetant depuis le milieu de terrain vers l’avant, pour épauler ses attaquants. Lamela préfère lui organiser le jeu au niveau de la ligne médiane et, pour se défaire au maximum du marquage adverse, utiliser toute la largeur du terrain.
Pour le reste, les deux joueurs possèdent la même philosophie de jeu. Celle du Tiki-Tiki, balle au sol et un minimum de touches pour plus de fluidité, inculquée par le même entraineur, Angel Cappa. C’est lui qui choisira d’en faire des titulaires indiscutables en Argentine et les leaders techniques au sein d’El Globo Huracan et de River Plate, deux clubs de Buenos Aires.
Sa vision du football, proche de l’idéologie, est celle d’un jeu où la manière compte plus que le résultat final, où le collectif prend le pas sur l’individu mais où les artistes mènent le bal pour contenter les foules.
Pour le reste, les deux joueurs possèdent la même philosophie de jeu. Celle du Tiki-Tiki, balle au sol et un minimum de touches pour plus de fluidité, inculquée par le même entraineur, Angel Cappa. C’est lui qui choisira d’en faire des titulaires indiscutables en Argentine et les leaders techniques au sein d’El Globo Huracan et de River Plate, deux clubs de Buenos Aires.
Sa vision du football, proche de l’idéologie, est celle d’un jeu où la manière compte plus que le résultat final, où le collectif prend le pas sur l’individu mais où les artistes mènent le bal pour contenter les foules.
La défaite comme partenaire de jeu.
Certes ces deux joueurs n’ont pas l’histoire des héros argentins actuels, Carlos Tevez gosse des bidonvilles argentins, Lionel Messi superstar exilée trop jeune ou Sergio Agüero gendre d’El Pibe de Oro, mais leurs parcours sortent du lot. Ils sont cependant entachés d’une noirceur et d’un même goût prononcé pour la défaite.
Tous deux ont vu les clubs de leurs débuts en Primera argentine descendre en seconde division pendant ou après leur passage. Tous deux ont un palmarès vierge, marqué par de multiples échecs lors de confrontations capitales.
Défaite en match de barrage contre Velez Sarsfield lors de l’attribution du titre de champion de la Clausura 2009 et défaite en finale de la Coppa Italia 2010/2011 contre l'Inter Milan pour Pastore. Défaite en match de barrage contre Belgrano, entérinant la rétrogradation des Millonarios en 2011, et défaite aux tirs au but dans le quart de finale opposant l’Argentine, dont il est capitaine, au Portugal lors de la Coupe du Monde des moins de 20 ans, la même année, pour Lamela.
Défaite en match de barrage contre Velez Sarsfield lors de l’attribution du titre de champion de la Clausura 2009 et défaite en finale de la Coppa Italia 2010/2011 contre l'Inter Milan pour Pastore. Défaite en match de barrage contre Belgrano, entérinant la rétrogradation des Millonarios en 2011, et défaite aux tirs au but dans le quart de finale opposant l’Argentine, dont il est capitaine, au Portugal lors de la Coupe du Monde des moins de 20 ans, la même année, pour Lamela.
"Démarche pataude et éclairs de génie"
C’est dans cet état de fait que réside le paradoxe de leurs acquisitions respectives. Deux clubs à la recherche de titres et d’un certain lustre perdu viennent de confier la réalisation sportive de projets économiques colossaux à deux adolescents sans palmarès. Des footballeurs dont la science du beau jeu est pour l’instant restée impuissante face à un destin de perdant romantique qui sied déjà à merveille à celui qui les a découverts.
Deux joueurs pour le moment hors de forme, qui, en attente d’un physique retrouvé, ne pourront donner la mesure de tout leur talent qu’au début du mois d’octobre. Deux joueurs qui jusque là, alternerons démarche pataude et éclairs de génie quand des conseils d’administration enfiévrés imposeront la démission de l’entraineur pour s’assurer la manne financière de la prochaine campagne de Ligue des Champions.
Mais promis, en 2011-2012, sous vos yeux ébahis mesdames messieurs, la rentabilité financière du monde du football va prendre un grand coup dans la gueule et laisser jouer au ballon deux surdoués argentins, anciens élèves d’un entraineur gauchiste et aujourd'hui au chômage.
Prends ça la crise !
NDLR : L’auteur de ces lignes croit bon de préciser qu’il a lui-même visionné dans leur entièreté (en plus des highlights et autres compils youtube) entre 10 et 15 matchs de chacun de ces deux joueurs sur les deux saisons précédentes. L’auteur se targue également d’avoir assisté à la totalité des échecs footballistiques susnommés de ces deux génies du ballon rond. Et d’avoir pu prendre part à la rencontre Fiorentina / Palermo de la 6e journée de Serie A 2010-2011 au sein de la Curva Fiesole pour voir, médusé, la partition de Javier Pastore, buteur et vainqueur de ce match à lui tout seul…
vendredi 12 août 2011
mardi 18 janvier 2011
Comunismo: Firenze rossa per anni neri.
Le Parti communiste italien n’est plus… ou presque. Dissout en 1991, il a donné naissance au parti politique Rifondazione Comunista (RC). Après les élections de 2008 et pour la première fois après-guerre, le parti ne possède plus aucun élu, député ou sénateur, au Parlement. Dans ce champ de ruines, c’est au niveau local que l’idéal communiste perdure et à Florence, c’est le CPA-FISud qui en est l’un des acteurs de référence. (article paru dans le numéro d'Europa de février 2011)
Et ce jeudi soir, le Centro Popolare Autogestito, situé au sud de la ville dans le quartier de Gavinana, a encore fait le plein. Comme chaque semaine, la cena sociale - comprenez repas solidaire ouvert à tous - accueille une soixantaine de personnes. Contre quelques euros chaque convive partage un menu complet où, du chianti aux idées politiques, le rouge est la couleur dominante. Pour Lele, le chef cuisinier, « au Centre, le repas nous le voyons comme le point cardinal de la vie sociale du lieu ». Celui où tous, fondateurs historiques comme bénévoles occasionnels, se retrouvent dans une ambiance familiale sous le préau de ce lycée désaffecté.
Le CPA-FISud c’est d’abord une histoire d’occupation. Dans un quartier de la banlieue florentine où la consommation d’héroïne commence à faire des ravages, un premier centre social voit le jour à la fin des années 1980 dans une ex-école maternelle, à l’initiative d’un groupe d’habitants.
Quand la mairie de quartier propose d’y installer un centre d‘accueil pour personnes handicapées, ils acceptent de restituer les lieux et s’installent dans une usine désaffectée toute proche. De ces 33 000 m2 réquisitionnés naitra véritablement en 1989 le Centre populaire autogéré. Les activités mises à la disposition de la population, « de la mère de famille au grand-père partisan », se mettent en place avec comme ligne directrice bénévolat et gratuité. Cours de théâtre, ciné-forum, réfectoire… une salle de concert d’une capacité de deux milles places est même créée de toutes pièces.
C’est aussi le début de l’affirmation d’un esprit internationaliste qui symbolisera les activités politiques futures, soutient aux mouvements indépendantistes basques ou palestiniens, en lien avec d’autres Centres sociaux en Italie. Mais la logique de marché et la spéculation immobilière auront raison de l’initiative et en novembre 2001, la préfecture ordonne l’expulsion pour laisser place à un projet immobilier aux visées moins solidaires : la construction d’un centre commercial.
« LIEU D’EXPRESSION CULTURELLE AUTOGÉRÉ»
La nuit est tombée et le repas se poursuit. Les plats s’enchainent comme les occupations.
« Dès la fin du mois de décembre 2001, nous sommes entrées dans ce lycée abandonné. Et tout de suite les travaux de remise aux normes ont commencé. Isolation, insonorisation, normes de sécurité (…), le boulot ne manquait pas » se souvient Alessandro, bénévole de longue date. Sa spécialité : l’informatique. Sous son impulsion le CPA-FISud possède désormais un Hacklab, espace d’accès libre à internet et de cours d’informatique, où Linux règne en maitre.
Pour l’ensemble des autres activités disponibles le schéma est le même. Une personne propose de mettre ses compétences au service de la communauté de manière bénévole. L’assemblée participative hebdomadaire, seule habilitée à prendre les décisions relatives à la vie du Centre, donne son accord et le projet voit le jour avec l’aide de qui veut. Salle de cinéma, salle de concert et de théâtre, laboratoire photographique, cuisines collectives, bibliothèque ou librairie, tous sont des projets pérennes qui fonctionnent au quotidien.
« Le Centre est un bien commun, il appartient à tous ceux qui souhaitent aider à son fonctionnement. En revanche, personne n’y vit et personne n’y dort. Ce n’est pas un squat mais un lieu d’expression culturelle autogéré ». Cette précision semble lui tenir à cœur. Le message est clair. Le règlement des lieux est bien visible ; on se doit de l’accepter dans sa totalité. En écho à l’un des combats initiaux, celui de la lutte contre l’héroïne, l’usage de drogues dures y est prohibé, l’alcool personnel interdit et les portes closes durant une partie de la nuit. Le Centre se veut comme une famille, une famille avec ses règles et ses idées.
Les valeurs communistes y sont omniprésentes et, pour qui viendrait à les oublier, les drapeaux rouges flottant sur la grille d’entrée et la faucille et le marteau ornant les murs des locaux sont là pour le rappeler.
UNE ACTION POLITIQUE LOCALE
Et les rapports avec le parti communiste ? Mes voisins de table stoppent leur conversation et nous fixent avec insistance. Simple curiosité ou intérêt réel, en tout cas le sujet semble sensible. Mais Alessandro l’aborde sans gêne. « Nous n’avons aucuns liens avec les partis de centre-gauche. Pour ce qui est de l’extrême gauche, avec la Rifondazione Comunista les rapports restent à un niveau individuel. Un de leurs conseillés municipaux pourra organiser quelque chose avec le Centre mais toujours en son nom et pas au nom du parti », dans l’état actuel du paysage politique italien les liens les plus forts sont ceux entretenus avec le Parti Communiste des Travailleurs qui privilégie une activité militante au niveau local. Ensemble ils ont pris position contre la construction d’un centre de rétention pour les immigrés en situation irrégulière ou contre les suppressions d’emplois du groupe industriel de prêt-à-porter SASCH en Toscane.
Alessandro de rajouter, « en tout cas (…) le CPA-FISud n’a jamais été et ne sera jamais le lieu d’un parti ». Si la sentence parait si certaine c’est que la question s’est déjà posée de manière concrète. En 2001 après l’expulsion de l’ancienne fabrique automobile, la RC a proposé un autre lieu. « Nous avons choisit de refuser. Commencer à être hébergé par un parti et donc être légalisé veut dire, à un moment ou un autre, irrémédiablement, avoir les mains liées et devoir suivre la position de ceux auprès de qui nous sommes redevables. Et cela contre nos propres convictions ».
Ici l’illégalité permet la liberté. D’ailleurs on ne parle pas de financement mais bien d’autofinancement. Le CPA-FISud ne perçoit pas d’aides, ni de la mairie de Florence ou de la Région Toscane, ni d’aucun autre organisme. L’argent récolté c’est celui des repas ou des concerts organisés in situ. Pour ce qui est d’une nouvelle expulsion, et malgré le fait que le terrain appartienne toujours à la Compagnie publique des eaux de la ville, la probabilité reste faible. Avec ses 21 années d’existence et son combat contre la logique de marché global, il est aujourd’hui un acteur central pour la gauche extra-parlementaire dans tout le centre de l’Italie.
La cena touche à sa fin. Lele ramène les plats en cuisine avant d’entamer une scopa, jeu de cartes italien, autour d’un dernier verre. A l’autre bout du préau un petit groupe s’est réuni. Demain c’est le rendez-vous annuel avec les familles des partisans de la Brigata Sinigaglia, brigade antifasciste ayant combattu pour la libération de Florence en 1944, et les anciens s’affèrent pour préparer l’hommage qu’ils rendront à ceux qui ont défendu leur liberté.
Le communisme italien n’est plus… ou presque.
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mercredi 12 janvier 2011
mercredi 5 janvier 2011
Monographie d'un changement d'année.
2011 débute par un reportage de terrain. N'écoutant que son courage, le rédacteur de ces quelques lignes a effectué pour vous une plongée "embedded" au cœur du réveillon de jeunes beaulieusards en escale sur la côte atlantique. Multicarte, cet intrépide reporter vous propose des images et du son. Champagne!!!
[Les bandes sonores étant, comme la vie, un éternel recommencement, pensez donc à effectuer un arrêt manuel pour profiter du voyage dans les meilleures conditions.]
| 21H00. Pour nourrir 17 personnes le chef a sa botte secrète. Le coup de la "planchette végétarienne". |
| Dj set de prestige. |
| ...H... . Les réservistes s'apprêtent à entrer en scène. |
A cette heure avancée, la boisson est au centre de toutes les attentions. La rumeur des
bulles se perd dans le brouhaha des élucubrations et autres divagations de
convives prêts à tout pour s'en procurer toujours plus.
bulles se perd dans le brouhaha des élucubrations et autres divagations de
convives prêts à tout pour s'en procurer toujours plus.
| De l'évaporation des liquides... |
| A cette heure là, pas sûr que le plus vif soit celui auquel on pense. |
Et comme tout n'est au final qu'une histoire de bouffe,
on finit comme on a commencé...
| That's all folks. A l'année prochaine. |
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